Publié par : Babs | février 22, 2009

Gage d’amour

Le cerveau humain est vraiment magnifique. Dû à l’existence de notre instinct de survie, ce dernier a développé un système de défense nous permettant d’enfouir dans un tiroir sous-clé de notre mémoire, les expériences trop douloureuses. Ainsi, les émotions alors trop intenses pour être tolérées par notre système à un certain moment de notre vie, disparaissent pour nous permettrent de continuer de vivre.

La période de la petite enfance est un champs de mines de traumatismes. Ce qui expliquerait sans doute le pourquoi peu de gens ont des souvenirs de cette période de leur vie.

Pour ma part, j’en ai conclus que jusqu’à lâge de 4 ans, ma vie fut remplie de traumatismes de toutes sortes car c’est à peine si le nombre de souvenirs que j’ai se compte sur les doigts d’une main.

Mon plus grand regret de cette constatation: ne pas me souvenir de mon grand-père maternel car ce dernier est décédé, suite à un malaise cardiaque, 1 semaine avant mon deuxième anniversaire. Il n’aura connu que moi et mon frère P qui avait alors 3 mois à son décès.

D’ailleurs, il paraîtrait que j’étais TOUT pour cet homme. Le première petite fille de la famille, ce n’était pas des farces. Apparamment qu’il aurait cessé de fumer du jour au lendemain (cela faisait 30 ans qu’il fumait) lorsqu’il se serait aperçu que mon autre grand-père m’avait légèrement accroché le bras avec une cigarette. C’est peut dire.

Aujourd’hui, il vit dans ma mémoire que par les souvenirs racontés par ma mère et ma grand-mère et par les 2-3 photos que j’ai de lui me tennant dans ses bras.

Recevoir autant d’amour et ne pas s’en rappeler, je trouve cela tellement dommage!

Publié par : Babs | février 9, 2009

Décompte instable

J’ai déménagé souvent dans ma vie. De ma naissance jusqu’à l’âge où j’ai quitté le cocon familial pour la première fois, soit à 17 ans, j’ai habité 8 demeures différentes. Si je fais le total, à ce jour, j’ai 21 déménagements à mon actifs, ce qui inclus mes 2 retours au domicile familial.

J’ai eu aussi plusieurs emplois dans ma vie. Si je ne compte pas mes emplois d’étés lors de mes études, mais bel et bien seulement ceux que j’ai eu suite à mon DEC ( en 1997), j’ai au total travaillé à 22 endroits différents dont, malheureusement, quelques-uns étaient des contrats d’un maximum de 6 mois à 1 an.

Finalement, depuis ma première relation amoureuse qui date alors de mes 17 ans, plus exactement en décembre 1994, j’ai eu 8 chums officiellement présentés à ma famille (mon chum actuel inclus) et 5 fréquentations trop peu importantes pour être considérées comme des relations amoureuses stables. Ma relation de couple la plus longue (avec le père de mon petit bonhomme) aura duré 3 ans et quant à ma période de célibat la plus longue, de mars 2006 à juin 2008, elle totalise un gros 2 ans et 3 mois.

Maintenant, pourquoi ai-je le besoin de faire le décompte de toutes ces sphères de mon existence? Tout simplement pour démontrer à quel point l’instabilité m’habite malgré ce besoin contraire de stabilité qui se fait ressentir de plus en plus.

Bien entendu, j’ai tendance à croire que tous ces besoins de changement (voulus ou non) sont dû au fait de ne pas avoir trouvé ma place et mon but dans ce monde. Mais du même coup, j’ai la nette impression que cela a à voir avec un ou des évènements particuliers provenant de mon enfance. J’imagine alors que pour atteindre enfin la stabilité tant souhaitée, il me faudra maintenant trouver le dit évènement qui a engendré ce besoin trop fréquent de changer d’air. Gros travail en perspective, mais ce blogue me sert à ça.

Publié par : Babs | février 5, 2009

Souvenirs de bébé

On dit souvent que la mémoire est une faculté qui oublie. Souvent le cerveau fait en sorte d’oublier des situations difficiles de notre vie pour que l’on puisse continuer de vivre. En effet, la douleur des sentiments vécus dans ces situations difficiles pourrait être tellement dommageable que le cerveau a le bon réflexe de nous faire oublier ces traumatismes. Il n’y a pas à dire, le système défensif et l’instinct de survie de l’humain est très bien développé.

La petite enfance est d’ailleurs une période de notre vie où l’on vit traumatisme par-dessus traumatisme. Bien qu’adulte nous ne voyons pas le tout ainsi, imaginez ce que c’est pour un bébé de penser avoir perdu à tout jamais sa mère lorsque celle-ci quitte son champs de vision à peine une minute. TRAUMATISME. Cela pourrait donc expliquer pourquoi peu de monde autour de moi n’ont peu ou pas du tout de souvenirs lorsqu’ils étaient tous jeunes.  

Pour ma part, ma mère trouve ma mémoire incroyable. Dans ma famille, je suis une référence en ce qui a trait aux souvenirs de ma jeunesse et de celle de mes frères. À croire que j’ai plutôt eu un système défensif sous-développé puisque, malheureusement, ce ne sont pas tous des souvenirs agréables. Et bien que le passé se doit de demeurer dans le passé, je me considère extrêmement chanceuse et j’accorde beaucoup d’importance au fait de pouvoir me rappeler de pleins de moments de ma vie ainsi.

Vous vous demandez sans doute où vais-je avec tout ça? Et bien voilà…

Mes plus vieux souvenirs datent du mois de mai 1978 environ. J’avais alors aux alentours de 10 mois. J’ai deux souvenirs reliés à cette période et je ne saurais vous dire lequel est le plus vieux des deux donc pourquoi ne pas vous en faire part de manière aléatoire:

- Je me rappelle de l’époque où j’ai appris à marcher. Je suis alors chez ma grand-mère paternelle. Nous sommes dans le passage qui fait le lien entre la porte d’entrée et la cuisine qui se trouve au centre de la maison. Ma mère me tient dans ses bras. Ma marraine est devant moi et me tend les bras pour que je marche jusqu’à elle. Je commence à marcher seule en sa direction et à chaque fois que j’ai l’impression que j’y arrive enfin, il reste toujours des pas à faire. Aujourd’hui, j’ai une bonne idée qu’elle devait reculer au fur et à mesure que j’avançais.

- Je me rappelle aussi de cette fois-là où je me suis fait percer les oreilles. Mes parents et moi sommes entrés dans une bijouterie. Après que ma mère et moi sommes passées derrière le comptoir caisse, on m’a assise sur un autre comptoir qui se trouvait là. Et allez savoir comment le bijoutier s’y est pris mais je me rappelle juste d’avoir vu cette grosse chose (le fameux poinçon) s’approcher de mon oreille. Dans le temps de le dire, j’avais les oreilles percées et de jolies dormeuses aux lobes de ces dernières.

Bien entendu, j’appelle cela des souvenirs visuels. Les images sont d’ailleurs un peu floues. On s’entend que ce sont des images datant de presque 31 ans vues par une petite fille de 10 mois. A la limite, disons que ce sont des flashs. Mais, ça demeure que je m’en rappelle tout de même et que j’ai une certaine fierté de ça. C’est pas tout le monde qui peut en dire autant alors aussi bien le voir comme une force de ma personne.

Publié par : Babs | février 2, 2009

Le commencement

Je suis né à l’été 1977, ce qui me donne très exactement 31 ans, 6mois au moment où je vous écrit.

C’est long 31 ans à se débattre dans une vie qui, ma foi, ne fut pas des plus faciles. Mais, apparamment que je ne devrais pas être surprise. J’avais juste à naître 15 minutes plus tard… le lendemain. Cela aurait sans doute influencé ma numérologie pour le mieux. En effet, selon cette dernière, mon chemin de vie (issu de ma date de naissance) est le chemin de tout sauf celui des sentiers battus.

Je suis issue d’un père policier et d’une mère qui décida de demeurer à la maison suite à ma naissance et, ce, jusqu’à ce que mon plus jeune frère soit en âge d’aller à l’école. En effet, je suis la fille aînée d’une famille de 3 enfants, donc j’ai deux frères.

C’est à l’âge honorable de 1 an et 9 mois que je suis devenue une grande soeur pour la première fois. Mon père en était bien heureux. Il pouvait enfin nommé son fils du prénom qui m’aurait été attribué alors si j’avais été moi-même un garçon. Le prénom de mon frère  P (qui par ailleurs fut très populaire pour cette année-là) était une certitude complète dans l’esprit de mon père. Quant au mien, mes parents ont arrêté leur choix sur un des prénoms féminins les plus en vogues de 1977, sur une suggestion de mon oncle, après avoir réalisé que le prénom que ma mère aurait aimé me donner (soit Sandra) aurait été “scrappé” à tout bout de champs par les autres. Vive les prénoms qui se terminent par la lettre “a”. Finalement, mes parents étaient loin d’être des gens recherchant l’originalité. La preuve: nous étions sept avec le même prénom dans mon cours d’éducation physique en secondaire 4.

C’est un mois avant mon cinquième anniversaire que mon plus jeune frère S (qui aurait du être prénommé Pascal mais changé pour les mêmes raisons que mon prénom) se montrait le bout du nez. Voilà qu’était né ma poupée vivante que j’adorais traîner de par et d’autre dans la maison à mon retour de l’école. Bien entendu, je me mis à le traîner partout qu’environ un an plus tard quand il était sur le point de marcher. Je n’étais pas une “tortureuse” de bébé quand même. De toute façon, S était tellement casse-cou à cette époque  qu’il n’avait pas besoin de moi pour se péter la gueule. Il avait le don de se mettre tout seul dans des situations tout ce qu’il y a de plus dangereuses. Il en aura fait des conneries pour espérer suivre son grand frère et sa grande soeur, pauvre lui.

Et dire que le reste du temps, P et moi l’avons pratiquement toujours mis de côté vu les 3 et le 5 ans de différence d’âge entre nous et lui. Quand je pense à tout cela, je réalise que c’est tout à fait normal pour mon fils le plus vieux de mettre son jeune frère de côté. Il semblerait que leurs “presque” 3 ans de différence semble beaucoup plus grand à leur yeux qu’aux miens. Serait-ce un indice que je ne suis plus capable de regarder avec mes yeux d’enfant?

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